Oktàna

Andrèas Embirìkos

 

Traduit par Myrto Gondicas et Michel Volkovitch

 

2015 — 100 pages — 12 €
ISBN : 979-10-93103-08-2

 

Embirìkos, poète du plaisir et de la liberté, utopiste flamboyant, rêve à un monde nouveau avec une ferveur un peu folle, mais jamais pesante : sa poésie garde toujours quelque chose de vif, de flamboyant, de sensuel, d’autant qu’on la sent parcourue en douce par un humour aussi savoureux qu’impalpable.

 

Ses phrases, de même, si longues parfois, si chargées, échappent à toute lourdeur, débordantes, jaillissantes, égayées par d’éclatantes couleurs sonores, scandées par la percussion d’obsédantes répétitions, portées par une allégresse, une ivresse qui leur donnent la palpitation de la vie.

 

Publié avec le soutien du Centre national du livre.

... La jeune fille ayant à cet instant la chevelure défaite drape son corps dans ses longs crins, tandis que la vague éclabousse le rocher où elle se tient. Et les brins de sa chevelure, tombant sur son corps blanc comme un torrent noir, se tressent aux alentours de la zone pubienne avec le soyeux, le touffu falbala fleurissant là, tandis qu’au-dessus, comme à l’instant où culmine la jouissance, le ciel se fait beaucoup plus haut et d’un azur intense — et les boucles, libres, tombent sur son corps blanc qu’elles enveloppent en léchant tous ses membres, sous l’averse aveuglante de lumière, offrant l’image de la passion la plus grande, tout comme, en furie autour du rocher, les vagues.