La L’amour, la guerre, la mort

Chants populaires

Traduit par Michel Volkovitch

 

2019 — 152 pages — 12 €
ISBN : 979-10-93103-53-2

 

Ils semblent venir, ces chants, de temps aussi lointains, de lieux aussi fabuleux que ceux des contes et des légendes — même si certains détails les inscrivent, pour l’œil du spécialiste, dans une histoire et une géographie précises. Les plus anciens ont plus de mille ans, les plus récents deux cents ans à peine. La plupart d’entre eux, ignorant les frontières, se promènent dans tous les Balkans et même au-delà. Les jeunes Grecs apprennent encore par cœur certains d’entre eux à l’école, et leurs ombres hantent encore plus d’un poème ou d’une prose d’aujourd’hui.

Ce sont de vrais poèmes, avec leur imagination débridée, audacieuse, d’une ampleur parfois cosmique et en même temps pleine de fraîcheur, leurs images superbes par éclairs, leurs obscurités, leurs étrangetés, leur naïveté — les anonymes qui les composaient faisaient sûrement de la poésie sans le savoir, et la beauté n’est-elle pas plus belle encore quand elle ignore sa beauté ?

Ce volume rassemble deux petits recueils parus naguère aux éditions Alidades, Voleur de baisers à la gloire de l’amour et Le frère mort consacré aux chants funèbres, à quoi s’ajoute une soixantaine de chants nouveaux sur divers autres thèmes, dont la guerre et l’exil. Mais ils mériteraient un choix bien plus large, ces humbles chants à propos desquels Mihàlis Ganas, l’un des plus grands poètes grecs vivants, déclare : « Ils sont mon arche de Noé, mon salut ».

 

Publié avec le soutien du Centre culturel hellénique.

Sa lèvre j’ai baisé teignant ma lèvre en rouge

mon mouchoir l’a frottée elle a teint mon mouchoir

au ruisseau l’ai lavé il a teint le ruisseau

le ruisseau la rivière ont teint toute la mer

L’aigle est descendu boire et la mer teint ses ailes

le soleil à moitié la lune toute entière