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Coudre  le temps

Elèni Kefàla

 

Traduit par Michel Volkovitch

 

2026 — 116 pages — 12 €
ISBN : 978-2-494343-26-9 

Un Chypriote anonyme et presque illettré, pendant la deuxième guerre mondiale, se trouve au large de l’Italie en route vers l’Angle-terre. Il rencontre en chemin, entre autres, Christophe Colomb, des indigènes des Caraïbes et du Mexique, le cardinal Beaton, John Knox et les réformateurs écossais, l’armée de Cortès, Moctezuma, Cervantès et Rembrandt, mais aussi Ulysse, Molly Bloom, les sirènes d’Homère, Joyce et Kafka, ainsi que Costandis, héros des chants populaires grecs. Certains événements se font écho : l’homme poli-tique grec Venizèlos rentre d’exil en 1924 sur le même bateau que le Chypriote anonyme, un 4 janvier, tandis que le même jour, en 1493, Christophe Colomb embarque vers l’Espagne après son premier voyage en Amérique.
Les multiples dimensions de l’Histoire, les symétries entre évé-nements, l’architecture de la mémoire, sont les divers thèmes qui parcourent Coudre le temps, cette « tentative pour faire entendre la polyphonie du temps », où la poésie n’est pas seulement dans les pages écrites par la poétesse, mais dans le tissage subtil de celles-ci avec des textes empruntés à d’autres.

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j’aurais voulu pouvoir t’aimer avant qu’Ovide écrive L’art d’ai-mer, avant qu’Alexandre arrive au Granique, avant que Velasquez rencontre l’infante Marguerite. J’aurais voulu pouvoir t’aimer avant qu’on entende les trouba-dours dans l’Alhambra, avant 
que le Nazaréen sur son âne entre dans Jérusalem, avant que Picasso donne le dernier coup

de pinceau à Guernica. J’aurais voulu pouvoir t’aimer avant la trahison de César, les sonnets de Shakespeare, avant la Neuvième de Beethoven et les montres
de Dali. J’aurais voulu pouvoir t’aimer avant les siècles qui nous pèsent, avant les voix, avant les mots, seuls sur une plage vide, jusqu’à l’arrivée des sœurs des enfants des étrangers dans leurs cuirasses et le vieux les osselets dans la main

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