Ce vin qui embaume
Poèmes (2002–2018)

Dimìtris Kosmòpoulos

 

Traduit par Michel Volkovitch

 

2020— 148 pages — 12 €
ISBN : 979-10-93103-67-9

Des arbres, des champs de blé mûr, des graines semées, des chevaux, des envols et des chants d’oiseaux, des feux qui tantôt donnent la vie et plus souvent calcinent ; la faible lueur de la lune ou des cierges, et des jets de lumière soudain, et çà et là des eaux qui jaillissent.

Parmi les personnages : la Mère bien-aimée ; Andreï Tarkovski, le plus poète des cinéastes, à qui tout un recueil est consacré ; le Christ, bien sûr, vu la foi qui anime le poète, mais surtout Jean le Baptiste qui l’annonce. 

  

Ces poèmes sont une rivière en crue où les images déferlent et se mêlent de façon insolite, contradictoire — douleur et lumière, neige et flamme, soleil noir, remords et consolation ; où l’on parcourt toutes les époques, du passé homérique ou biblique au présent peuplé d’écrans ; où le poète essaie toutes les formes pour dire l’angoisse de la mort et la croyance en la résurrection, avec la même ferveur brûlante.


Publié avec le soutien de l’Institut français de Grèce

et le Centre culturel hellénique.

ex silentio

Mes mots ne sont que feuilles pêle-mêle.
Oui mais ta langue auprès de toi m’appelle
mer du silence, qui soigne et soulage  
toison frisée, insondable ermitage.

Voilà mes mots, migrateurs épuisés,
l’aile fourbue, qui viennent se poser
sur cette mer, ton silence indicible
jardin d’Éden aux oiseaux accessible.

Comme il mûrit, le fruit de mon désir,
et tous mes mots en lui viennent s’unir,
chant d’hirondelle enivrant ta beauté.

Et une pluie de mes oiseaux s’abat
nuage épais, ne cessant de chanter,
dans le très-saint refuge de tes bras.