Chasseur caché

Yòrgos Markòpoulos

 

Traduit par  Michel Volkovitch

 

2016 — 136 pages — 12 €
ISBN : 979-10-93103-17-4

 

Ils vont et viennent, ces poèmes, entre les époques et les lieux, disant la tristesse du passé et du présent, les amours fugaces et leurs blessures éternelles, la province d’autrefois et la grande ville où l’on s’est exilé, ses quartiers populaires, ses banlieues, ses solitudes.
 

Yòrgos Markòpoulos ne fréquente pas les grands de ce monde, mais les humbles, les paumés, les écorchés, qu’il raconte à mi-voix, non sans une extrême tendresse. Il peint l’âme populaire comme personne, simplement, dignement, dans une langue à la fois familière et noble, où les plus pauvres mots retrouvent éclat et fraîcheur. Ses poèmes avancent d’un pas tranquille, un peu somnambulique, à la fois nets et flous, doucement insistants, boitant légèrement, avec des mots répétés comme un ressassement douloureux, un piétinement d’envol impossible, et en même temps comme une caresse.

 

Publié avec le soutien du Centre culturel hellénique.

Chien qui suis le cheval


et chien qui gardes le chapeau du maître. 


Dans le givre tu mènes des nomades


qui sans bruit te font confiance. 


Vois, vous marchez ensemble,


je vous aperçois fumants au fond de la plaine


allant de nouveau frapper à la porte du destin. 


Chien, tu es insouciant, 


mais tu flaires la mort et pleures dans les puits.


Chien, tête dure crâne convulsé par les lunes.


Tu es un frère, mais le souffle court comme un père.


Le crépuscule descend de ton museau et de tes yeux s’échappent

les étincelles d’un incendie ancien. 


Tu lances ta voix dans l’au-delà puis, ébloui


tu restes à l’écouter comme étrangère.

 

Chien qui manges, chien qui manges les nuages.