Malades aux larges ailes
Poèmes (1945-1998)

Mìltos Sakhtoùris

 

Traduit par Michel Volkovitch

 

2020— 172 pages — 12 €
ISBN : 979-10-93103-64-8

Mìltos Sakhtoùris (1919-2005) n’a jamais voyagé, n’a jamais eu de métier. Son seul travail, sa seule aventure a été la poésie.

La sienne est en même temps orgie et ascèse. Ses images dépouillées, obsessionnelles, cruelles, passent par d’infinies métamorphoses, dans une ambiance de cauchemar.

« Ma poésie, dit Sakhtoùris, est une incessante autobiographie, elle ressemble — et c’est ainsi qu’elle doit se lire — à une sorte de journal inconscient de ma vie... » Mais on aurait tort de voir dans ce poète un créateur autiste, muré dans ses visions. La souffrance qui sourd de ses premiers recueils est aussi, pour une bonne part, historique : la Grèce connut alors une guerre mondiale et surtout une guerre civile, plus atroce encore.

Noire et déprimante, cette poésie ? « Mes poèmes ne sont pas pessimistes, dit Sakhtoùris. Au contraire ils sont comme les exorcismes. Ils exorcisent le mal. Ils ressemblent à des masques africains. Des masques d’animaux et d’ancêtres pour exorciser la mort. »

Publié avec le soutien de l’Institut français de Grèce

et le Centre culturel hellénique.

Les cloches

Il est des oiseaux
qui ne volent pas
il est des oiseaux
enfouis
dans des boîtes

Il est des chambres
et des mots
qui déchirent la tête
comme des clous

Ils est des clous
qui ne font pas mal
il est des clous
qui soulagent

Quand sonneront
de nouveau les cloches
nous jaillirons
comme les oiseaux